°Glorious Day°

°Glorious Day°
& Amorous Angel &

03/06/07

_ __ _ __ _ __ _ __ _ __ _


DECLARATION D'AMOUR


***Aujourd'hui, je n'en peux plus. Il faut que je lui dises. Alors, ici, présentement, qu'importe la gêne et la honte qui en découlera, je vous sacre, vous lecteurs, témoins de mon amour pour elle.
***Oh oui, ça fait longtemps que je l'aime, et je crois qu'à présent elle s'en doute, même si je ne l'ai jamais manifesté directement par la parole.
***Pas un jour sans que je ne pense à elle, à la fraîcheur de sa beauté, à la jeunesse de ses traits, à son rire qui vous éclate à la figure. Oui quand je la contemple, elle baisse les yeux, alors je détourne le regard, de peur qu'il me trahisse. Oui je pourrais parler des heures avec elle sans voir passer le temps, rien que pour apprécier chaques grains de sa voix. Ou même dialoguer de nos silences et ne savourer que son éphémère présence, mais aussi les traces indélébiles qu'elle gravera en moi.
***Oui, je suis jaloux, parce que je ne suis pas le seul dans sa vie et qu'il me faut me résigner à la partager... pour l'instant.
***Pas plus tard qu'hier, je l'ai vu. Je me montre souvent distant avec elle, histoire de cacher mes sentiments, de la tromper elle et moi en même temps. Je crois qu'elle se pose des questions. Mais lorsque je la vois, c'est plus fort que moi, j'ai le coeur qi bat la chamade et les genoux qui se dérobent. Je redeviens ce gamin timide qui n'ose pas demander le bonbon tant convoité.
***Elle est exigeante, c'est vrai. Je ne me montre peut-être pas à la hauteur de ses espérances, je crois aussi que je l'ai souvent déçue. Je l'aime, passionnément, en secret, pour son goût des arts et de la vie.
***Oui, je tremble de peur à l'idée de le dire, ici et maintenant. Que va-t-elle répondre? Comment va-t-elle réagir? J'ai essayé tant de fois de lui dire, de lui faire comprendre, par tous les moyens. Je crois que je m'y suis mal pris.
***Aujourd'hui donc, je vote franchise. Les mots résonnent dans ma tête sans que je puisse en extirper un seul de ma bouche... Non, j'ai décidé d'arrêter de fuir. Alors pour toutes les fois où tu as douté:


JE T'AIME





Vous avez trouvé? Vous avez deviné qui c'est? Réponse entre crochets...


[ MAMAN ]
Je sais que certains ne s'attendaient pas à ça... Mais pour XXXXXXX, ça viendra...


_ __ _ __ _ __ _ __ _ __ _


Pix prise sur Deviant art, Bad_News_by_emoant.


-&_[CLIK]_&-

# Posté le dimanche 03 juin 2007 07:44

Modifié le dimanche 03 juin 2007 09:21

°Erasing Day°

°Erasing Day°
& Invisible Angel &


31/05/07

___ __ _ __ ___


***Ca y est! Je suis à nouveau amoureux! Non, ne vous méprenez pas, mesdemoiselles, messieurs, elle a 70 ans, elle habite au numéro 11, d'origine vietnamienne (et toute mimi. quoi? on n'a pas le droit de trouver les vieux mimi?), et elle soigne son mari italien qui est malade et ne peut plus trop marcher. Même qu'elle n'a pas voulu venir à la fête des voisins (alors qu'elle en crevait d'envie) juste pour rester avec lui. J'étais trop triste pour elle (Atlas, le pas retour!). Si c'est pas une belle preuve d'amour, ça (oui, vous savez? L'amour qui existe pas, ou sinon l'amour qui existe mais qui vous poignarde dan le dos qui tourne, tourne, le couteau et se délecte de votre sang jusqu'à ce qu ça déborde des lèvres. Sluuuuurp. Je veux du nutella...).


***Bref, la fête des voisins, il n'y a pas plus joyeux. On prend quelques nouvelles des fraîchements suicidés, on retiendra celui à la carabine (c'est bien, avec un peu de chance, si tu fais original et que tu rate pas ton coup, on parlera de toi à la prochaine fête des voisins. Niark niark, que vais-je choisir? Le four? J'hésite... Trop vu virgin suicide). On parle aussi de la super voisine du numéro machin qui était adorable, très bonne mère et qui, la pauvre... est décédée.
***Bref, j'ai eu beau quémander, un verre de champagne kirsch crème café, c'est pas ce qui va me remettre de bonne humeur. En plus j'ai même pas eu le droit à un deuxième verre (merci Papa). Alors on se rabat sur le jus d'orang (oué, tout le monde y dit youpi...).
***Ensuite tu as le fameux concours de photos (Ah ha ha ha, the good blague). Mon frère, ainsi que mon voisin de 12 ans se sont mis à mitrailler les toasts noix/moutarde et les endives/béchamels ainsi que tout autre trucs immondes et ultra inintéressant dans l'optique de gagner THE concours de l'année (Ah ha ha, re good blague).



**********************- Euh, vous faîtes quoi, là?
**********************- On va gagner le concours de photo.
**********************- ... Quel concours photos
**********************- Celui organisé par les voisins!
**********************- Ah oui, c'est évident... Mais vous voulez pas faire plus original?



***J'ai oublié de vous parler de la fanfare, ah ha, la pette fanfare de merde qui chante l'amour du voisinage et les piafs piou piou. C'est ça, cassez-vous, oui, toi aussi avec ton trombone. Et toi aussi le piaf. A part ça, ya le toutou très mignon à la voisine qui te lèche la main pndant trois heres (qu'il est mignon, qu'il est mignon... qu'il est con).

***Moralité: Je sais pourquoi personne n'aime la fête des voisins: A cause de la bouffe...

***P.S.: J'ai l'air joyeux? Pas du tout! Niark. Bah d'abord, demain je me déguise en coeur brisé, na.


___ __ _ __ ___


Pix prise sur Deviant art, just_lies_by_saturdayx.


-&_[CLIK]_&-

# Posté le jeudi 31 mai 2007 15:56

Modifié le dimanche 03 juin 2007 08:01

°Passion Day°

°Passion Day°
& Contemplative Angel &

30/05/07


___ l ___ l ___ l ___ l ___ l ___ l ___



*******************************- Guess how much I love you...


***Il gèle.
***Blotti au creux de mon fauteuil, je replie mes jambes sur ma poitrine pour avoir moins froid. Puis je les enserre de mes bras et y enfouis ma tête. Voilà. Je ne suis plus qu'un bloc, un bloc impénétrable. Plus rien ne peut m'atteindre, je suis protégé.
***Ca commence. Je rapproche le fauteuil de la fenêtre et je regarde les vitres se tâcher de milliers de gouttelettes. Rien de plus beau que la symphonie de l'eau au soir de l'après-midi. Je perds mon regard au-dehors. C'est hypnotisant. C'est un ballet aquatique incessant... Et ça semble raconter une histoire. Qui donc a pu égarer tant de larmes? Qui donc verse sur nous ses regrets de jeunesse, flèches limpides délivrées par les cieux, mais qui ne blessent personne? Ce n'est que l'eau de nos souvenirs, qui se disperse en milliers de particules éclatées, et semble nous souffler à l'oreille: Ne m'oublies pas...
***A présent, je regarde sans voir. Je ne fais qu'écouter la cadence régulière de ce chant simple et léger, cette improvisation soudaine des effluves de l'en haut. Je ferme les yeux. J'écoute les battements de mon coeur se calquer sur le rythme paisible de cette berceuse irréelle.
***J'ai rouvert les paupières. Mes yeux accompagnent à nouveau l'informe qui continue d'évoluer au dehors. J'y baigne mon regard, faute de pouvoir y nager. Le brun de mes pupilles s'est décoloré. J'ai enfin les yeux bleus. Et je déshabille du regard cette eau pudique qui se dérobe dans sa chute.
***Je voudrais ouvrir la fenêtre, mais il fait décidement trop froid. Je tendrais la main pour cueillir ce qui fuit, et pencherais la tête pour recevoir le baptême de quelques gouttes égarées.
***J'ai la main droite collée à la vitre, j'y colle aussi le front. Le contact avec le froid du verre est électrisant. De ma main libre, j'empoigne une tasse de thé brûlant sur le bureau. J'aime ce parfum qui enivre mes narines, l'odeur du jasmin. Pensif, j'y trempe le bout des lèvres et avale une gorgée. Je frissonne, ma peau frileuse se rétracte. La chaleur soudaine qui envahit mon corps est surprenante... mais agréable.
***Je suis seul dans une maison vide de sens, à arracher des brides d'un monde éphémère qui ne m'appartient pas. Je ne pense à rien, ou plutôt à tout. C'est effrayant.
***Je pense à elle. Elle, pareil à la pluie. Aussi insaisissable, aussi imprévisible... et aussi belle. Comme la pluie, elle est à la fois chaude et glaciale. Comme la pluie, je pourrais la contempler, indéfiniment, jusqu'à ce qu'on trouve une limite au temps. Je ne veux que la retenir, elle me glisse entre les doigts. Je la perds avant même de l'avoir gagné. Je ne veux que le contact de sa main, caresser le creux de sa joue, effleurer le bout de ses doigts, dessiner les courbes de son cou...
***J'ai retiré ma main de la vitre. J'observe la trace de mes doigts, de ma paume, s'évanouir dans l'inconnu. Sur la buée que crée mon souffle chaud, je trace distraitement son nom, ce nom que je voulais taire, ce nom que je voulais silence, mais que j'ai tant prononcé...
***Alors j'ouvre la fenêtre, et appuyé sur le rebord, je serre les dents au contact du vent froid qui me mord la peau.

***Ô pluie de nacre et d'étain, entraîne dans ta chute mon secret. Qu'il s'écrase alors que tu gîs sur le
***pavé. Elle est objet d'amour mais elle n'aime pas... Je l'aime.

***Je suis trempé, je grelotte. Mes vêtements collent à ma peau. Peu m'importe. Je ne suis plus que désir de fusion. Mes lèvres assoiffées cherchent breuvage, embrassent l'eau, avides et maladroites. Je veux tout donner, rien qu'une fois, qu'importe ce que je reçois.
***Mas déjà le ciel se dégorge, les nuages s'effacent. La pluie se fait plus fine, expire, une dernière fois. C'est fini. J'ai mal à la gorge. Le temps s'est enfui, j'ai tout laissé s'échapper. Et elle... Je ne la reverrais certainement jamais.

JE T'AIME

___ l ___ l ___ l ___ l ___ l ___ l ___



Pix prise sur Deviant art, the_monster_has_blue_eyes_by_saturdayx.



-&_[CLIK]_&-

# Posté le lundi 28 mai 2007 15:01

Modifié le dimanche 03 juin 2007 08:09

°Same Day°

°Same Day°
& Shy Angel &

28/05/07


_ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l


LA TOURMENTE BLANCHE
OU
COMMENT FAIRE MOURIR UN ANGE

PARTIE II





***Comme atteint d'une excitation nouvelle, il s'adresse au ciel en ces termes:

*** "A vous, créateur de mon être, de mon âme, et de mon esprit, vous à la bonté infinie, permettez-moi de posez les yeux sur la perfection même. Oserais-je vous demander ma liberté de c½ur? M'est-il permis de désirer l'indésirable? Vous qui prêchez la miséricorde et le pardon, vous qui récompensez le juste, qui protégez le faible et nourrissez l'affamé, puissiez-vous m'accorder les prédispositions à aimer! Que ne ferais-je pour m'attirer votre aide secourable, votre accord décisif! Comprenez la détresse d'un enfant en proie au plus violent des tourments! Délestez-le d'un poids trop lourd à porter, consentez à ce qu'il puisse partager sa charge! C'est humble et sincère que je m'incline devant votre clémence et vous implore d'exaucer cette faveur que je sais insolente. Mais ne vous méprenez pas sur mon compte, ne croyez pas qu'il s'agisse là d'un simple caprice. Je sais la grandeur de ma bêtise, mais si vous avez encore quelque affection pour moi, je vous supplie de reconsidérer ma demande sous un jour plus favorable. Est-elle si insensée au point que vous vous soyez détourné de moi? Ne mériterais-je donc plus vos égards? Mon affront ma-t-il fait perdre ma place auprès de vous? Je me surprends pourtant à espérer que vous vous rangerez enfin à mes aspirations."


***Mais les cieux restent désespérément muets. La prière n'est pas entendue. Conscient d'avoir bravé l'interdit, l'ange voit en ce silence le prix de son insolence. Alors commence pour lui un périple douloureux sur les sentiers d'une désolation profonde.
***Affligé par la désapprobation du Plus Haut, Gabriel ne sait plus vers qui se tourner. Quoi de plus terrible que de ne pas être soutenu par son père dans ses aspirations? Désemparé, il erre en aveugle, happé par un vide qui ne cesse de grossir, en proie aux sentiments les plus noirs et les plus tristes. Déchiré entre deux institutions qui ne pourront jamais marcher main dans la main, il tend, il balance de l'une à l'autre, sans pouvoir pour autant se résigner à faire un choix. Doit-il rester fidèle à son amour ou à ses obligations ? Ses pensées s'obscurcissent, tandis qu'il emboîte le pas à une solitude des plus sombres.
***Les lois célestes prescrivent une parfaite transparence, une discrétion irréprochable. Un ange doit se faire plus petit, plus léger, plus inaudible qu'un souffle, qu'un murmure, qu'un soupir. Toute volonté de se révéler à son protégé est prohibée. On recommande la plus grande prudence, la plus stricte vigilance. Le gardien doit passer inaperçu, invisible parmi les mortels. Aucune sensibilité ne lui est permise, tout sentiment doit tomber dans l'oubli. Si des liens se créent, ils doivent être irrémédiablement brisés.
***Hélas, Gabriel ne peut se résoudre à mettre fin à une émotion si douce. Se serait comme perdre une partie de lui-même. Cependant, une seconde fois il tente de refouler ses sentiments... sans succès. L'ange finit par se laisser dominer sans efforts. Comment résister à ce que l'on souhaite si ardemment?
***Néanmoins si les cieux sont incapables d'interdire aux anges d'aimer, en revanche, tout être de lumière se plie à la première règle. Car celui qui se révèle à sa protégée lui offre aussitôt sa perte assurée. L'assistance divine lui est reprise. Si l'ange faute, il précipite l'innocente dans les bras de la Mort. Cette seule perspective fait fléchir tous les hasardeux. Telle est l'impitoyable loi du Ciel.
***Or, lorsque l'ange prend conscience de la triste réalité, il est trop tard: l'amour a déjà pénétré tout son être et est ancré si profondément en lui qu'il est impossible de le déloger. Quant bien même on le chasse, il repart à l'assaut. Pour la première fois, Gabriel entrevoit le début de son calvaire. Petit à petit, il découvre l'autre visage de la passion, cruel et noir, et goûte à l'amertume de la déception. Gabriel comprend qu'il aime en toute perte. A quoi sert son amour s'il ne peut être partagé? Lentement, il sombre dans un univers lugubre et hostile dans lequel on lui fait miroiter un bonheur auquel il ne peut aspirer. Et lorsqu'une étreinte nouvelle se resserre sur sa gorge, il suffoque, il sait qu'il est perdu. Cet étau, c'est le désespoir.


***Un soir que la jeune fille s'est endormie, l'ange s'assoit sur le rebord de son lit, aussi léger que l'air. La pièce n'est éclairée que par la seule lueur de la lampe de chevet qui fait danser les ombres sur le mur, et par la lumière qui émane de l'être protecteur. Celle-ci dégage une douce chaleur si empreinte d'amour qu'elle ferait fondre les c½urs les plus durs.
***La présence de Gabriel, imperceptible, offre à la chambre un côté rassurant. L'ange, le visage tourné vers la tête de lit, contemple la jeune fille endormie, sa jambe gauche ramenée sur sa jambe droite, ses ailes lisses et blanches repliées sur le côté. Ses longs cheveux blonds tombent en cascade sur ses épaules, sa robe immaculée suit la courbe de ses membres et s'arrête sur ses jambes, dévoilant ses pieds nus. Ses traits sont fins et réguliers, sa bouche est fraîche et tendre, ses yeux, doux et brillants. Il reste encore sur son visage quelques vestiges d'une innocence récemment perdue que vient à présent combler un profond chagrin. L'être tout entier incarne la pureté parfaite. Mais c'est un regard empli de tristesse qu'il porte sur son aimée.
***Leïla est assoupie, la tête reposée sur le côté droit. Elle tient encore dans sa main le livre qu'elle lisait avant de plonger dans les bras de Morphée. La jeune fille semble épanouie, sereine, les épaules relâchées. Ses longs cheveux bruns tombent en désordre sur son oreiller. Les draps, relevés jusqu'au ventre, épousent parfaitement ses formes. Ses membres fatigués se soulèvent au rythme de sa respiration. Son souffle régulier qu'accompagnent les mouvements de son corps lui confère une certaine sensualité. Ses lèvres, rouges et humides, laissent échapper de temps à autre un léger soupir, son teint de pêche devine une peau au toucher velours, sa chemise de flanelle découvre son cou nu.
***Un désir charnel s'enflamme subitement en Gabriel. Son c½ur s'emballe tandis que ses mains, posées sur ses genoux, se crispent. L'ange est traversé de mille pensées. Son regard n'est plus que caresses. Il s'imagine sa main frôlant sa joue, le contact de ses doigts sur sa peau, la pression de ses lèvres sur les siennes, la chaleur de ses baisers, son souffle courir sur son cou, l'odeur enivrante de son parfum, l'étreinte de ses bras, leurs corps unis et enlacés...
***Le geste a suivi la pensée: Inconsciemment, il a étendu sa main vers son visage. Lentement, celle-ci se rapproche. Son front est brûlant, sa peau, parcourue de frissons. Sa main tremble, hésitante, sous le coup de l'émotion, ses gestes sont maladroits. Le bout de ses doigts s'apprête à toucher sa joue, les battements de son c½ur se font plus violent...


_ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l _ l


Pix prise sur Deviant art, angel__s_look10_by_angelcurioso.

# Posté le lundi 28 mai 2007 11:16

°Positive Day°

°Positive Day°
& Smily Angel &

28/05/07


__ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __


LA TOURMENTE BLANCHE
OU
COMMENT FAIRE MOURIR UN ANGE

PARTIE I


***A Celle qui m'a ôté le sommeil...


***C'est à la fois dans le c½ur, et dans le ventre d'une femme que tout s'enclenche. Ce jour-là, dans la salle d'accouchement d'un hôpital, deux êtres voient le jour. L'un est rattaché au ciel, l'autre, à la terre. L'un est fait d'amour et de lumière, l'autre de sang et de chair. Le premier ne vit que pour le second, le deuxième n'a pas connaissance du premier.
***L'enfant que délivre le ventre maternel, l'enfant de la terre, est une fille. On décide de l'appeler Leïla. Leïla, la nuit, l'amour pur. Celui qu'engendre le Ciel est un ange. Il se nomme Gabriel. Gabriel, la force de Dieu.




***Ainsi, tout juste né, Gabriel devient le gardien de Leïla. Ils grandissent ensemble, dans l'insouciance de leur jeune âge, profitant des jours heureux que leur réserve l'enfance, mordant à pleines dents dans les plaisirs que leur offre la vie. Ils découvrent tous deux les délices des sucreries, le chocolat, les gâteaux, bien que l'ange ne puisse en partager que la vision et non le goût.
***Mais bientôt, entre les deux enfants, s'installe une relation aussi complexe qu'admirable. L'être de lumière lui voue une affection tendre et profonde qu'elle ne peut lui rendre car elle ignore son existence. Mais peu lui importe. Il ne demande qu'à rester auprès d'elle, qu'à la rendre heureuse. Sa santé, sa vitalité, son bien-être suffisent à le contenter. Il ne souhaite rien d'autre, ni plus ni moins que de la combler.
***Devant ce brusque élan de sentiments, l'avertissement du Plus Haut ne se fait pas attendre:


***"Garde-toi bien de t'en attacher, tu te perdrais aussitôt. Si tu t'obstine à dépasser tes fonctions, tu cours à ta perte. Epargne-toi des souffrances inutiles, un futur douloureux. Ne te laisse pas guidé par tes désirs, si ce n'est celui de la protéger. Privilégie tes devoirs au détriment de ton bonheur, et tu ne connaîtras pas ce que les hommes appellent la déception et le désespoir".


***Mais l'ange fait abstraction de la mise en garde et alors que la vie poursuit son cours, il tisse des liens de plus en plus étroits avec sa protégée. Et ainsi se déroule son quotidien: Il est son ombre, son double, sa moitié. Il surgit lorsque vient le danger. Il consacre tout son temps à la préserver de toute embûche, au point de s'oublier lui-même. Il calque ses pas sur les siens. Il remplie plus que sa mission ne lui demande. Jour et nuit, il s'acharne à sa tâche. Sans relâche, sans regrets, il efface ses peines, sa tristesse, son abattement. Il se dévoue corps et âme pour elle. Il n'en tire aucune reconnaissance, se plaint-il seulement? Sa mission n'inclut pas la gratitude. Comment éprouver un tel sentiment pour quelqu'un que l'on ne peut voir, ni entendre, ni même toucher? Donner sans recevoir, tels sont ses attributions. C'est sa vie avant la sienne. Sa récompense, c'est son bonheur.
***A deux, ils ne sont plus qu'un. Il partage toutes ses humeurs: Sa joie le rend heureux, sa peine l'attriste. Aussi, lorsque vient la période de l'adolescence et tous les changements qu'elle entraîne, l'ange perd ses repères. Trop d'émotions contradictoires s'affrontent, à profusion, dans son esprit. La fillette est devenue jeune fille. De huit ans, elle est passée à seize. Mais cette métamorphose, pour l'ange, n'a duré qu'une seconde. Hier encore, elle était si jeune, si innocente. Mais à présent...La voilà presque femme.


***Gabriel se trouble, il s'interroge. Son regard a changé. La jeune fille a pris des formes qui l'affirment dans sa féminité. Aussi se détourne-t-il à présent, lorsqu'elle se change, non pas parce que la nudité l'effraye, mais par respect pour sa pudeur. Mais quel est ce sentiment inconnu qui envahit tout son être? Quel est cet étrange mystère qui l'assaille et le ronge, ce maléfice dont-il est l'innocente victime? Quel est ce mauvais esprit qui le possède et ne veut le quitter? Quel est cet état second, cette transe dans laquelle il se noie? Il se restreint, il se freine, mais le feu qui le brûle redouble d'ardeur. Il lutte, mais la douleur, toujours plus intense, prend le dessus. Il implore le mal qui s'est emparé de lui de l'affranchir. Rien n'y fait. La douleur persiste. Alors Gabriel faillit, et dans un instant de faiblesse fatidique, il s'abandonne au mal qui le domine.
***Quel soulagement, soudain! Quelle délivrance! Le n½ud qu'il s'efforçait de maintenir serré se libère et avec lui, s'installe la plénitude. Alors seulement on lui souffle à l'oreille l'origine de sa tourmente: C'est l'Amour. Gabriel aime. Et dans sa confusion, il a pris cet amour pour un mal inconnu, un énigmatique intrus. Tout ce qui est étranger fait peur. Aussi a-t-il pris peur de ce sentiment encore vierge et inexploré.
***Le c½ur instruit, Gabriel découvre peu à peu le véritable sens d'aimer. Car plus qu'une affection profonde, c'est bel et bien un véritable amour naissant qui s'est embrasé en lui, et ne demande qu'à mûrir. Aussi fragile, aussi sensible, aussi pure qu'une fleur qui s'ouvre, qui s'offre tout entière au monde, sa passion s'éveille. Elle se dévoile, se découvre, se dénude. L'ange se sent pour la première fois vulnérable. Il espère, il désire, il craint.

__ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __


Pix prise sur Deviant art, it_hurts_you__but_you_love_it_by_saturdayx.

# Posté le lundi 28 mai 2007 10:58

Modifié le lundi 28 mai 2007 11:24